la CNV dans le couple à Abidjan

Dans le cadre d’un semaine de formation à Abidjan j’ai eu grand plaisir à animer une après midi pour couples et familles organisée par la Communauté du Chemin Neuf.

La première partie j’ai mis l’accent sur comment mieux exprimer son amour, en partant d’observations concrètes de que l’autre fait au quotidien pour nous rendre la vie plus belle. J’aurais aimé filmer les visages radieux d’avoir reçu confirmation de ce que leur petit geste avait embelli la vie de leur partenaire, par exemple être passée aider son mari au bureau après un cambriolage , avoir dit à sa femme combien il la trouvait jolie…Toutes ces choses que nous ressentons et ne pensons pas à dire, et qui font que ce qui ne va pas où nous agace prend de plus en plus d’importance.

Puis nous sommes passés à ce qui est plus difficile dans la relation. En osant regarder et nommer les pensées négatives qui  nous habitent, dont les jugements , pour les transformer  besoins et se relier aux faits surtout, afin de pouvoir faire des demandes simples à son partenaire.

J’ai été frappée de voir la puissance de transformation de cette activité. Un homme, jeune marié qui avait l’impression de ne pas compter aux yeux de sa jeune épouse parce qu’elle tapait des messages sur ton téléphone portable tandis qu’il lui parlait ! Il fallait voir l’émotion de cette jeune femme d’entendre ce que cela provoquait chez son mari, et son sourire à l’idée de pouvoir y remédier, de savoir comment lui rendre la vie plus belle.

Alors, n’attendons pas pour dire – osons dire et notre gratitude et ce qui nous rendrait la vie plus belle – sans exigence bien sur !

Plus de détails dans l’article de La Croix

 

http://urbi-orbi-africa.la-croix.com/afrique/a-abidjan-chemin-neuf-aide-couples-a-desamorcer-conflits/

Emotions, maladies psychiques et CNV : interview avec le Pr Jeammet

Quels liens entre nos émotions,  les maladies psychiques, et les comportements destructeurs ?

J’ai eu la chance de faire la connaissance avec le Professeur Philippe Jeammet lors d’un interview le 8 février sur Radio Notre Dame dans l’émission « En quête de sens » autour de la question comment faire face à nos émotions difficiles ?

Le Professeur Jeammet a dirigé pendant 20 ans le service de psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte à l’Institut Montsouris.  Son approche est profondément en accord avec la vision de Marshall Rosenberg sur la maladie psychique.

Avant l’interview j’avais visionné plusieurs de ses video sur youtube, et je vous recommande notamment celle intitulée « Faire face à quoi ? ».

Sa compréhension des maladies  psychiatriques, fruit de sa longue expérience clique, est  qu’il s’agit de mécanismes adaptatifs à une incapacité à faire face aux émotions. Cette incapacité constitue une énorme contrainte pour l’individu, le privant de liberté de choix. Dès lors il s’agit d’aider l’individu à retrouver de la liberté d’agir. Philippe Jeammet parle d’injustice, et a consacré sa vie à aider ces jeunes à  mener une vie conforme à leurs aspirations.

La clef est de pouvoir passer de la destructivité à la créativité. Pour lui, la destructivité est « la créativité du pauvre », une manière de retrouver du pouvoir d’agir, comme le suicide aussi.

J’ai été saisie en découvrant son travail de découvrir son approche profondément humaine, empathique,  au delà de toute étiquette enfermant les individus et c’est en cela qu’il rejoint la vision de Marshall Rosenberg.

L’approche de la Communication NonViolente

Marshall Rosenberg, né en 1934 aux Etats Unis et décédé le 7 février 2015, est le fondateur du Centre pour la Communication NonViolente (CNVC). Docteur en psychologie clinique, il a travaillé dans des services de psychiatrie. Il  réussissait à  en entrer en relation avec des patients schizophrènes réputés inatteignables,  grâce à une profondeur d’empathie couplée à une aussi profonde authenticité. Pour lui comme pour Carl Rogers avec qui il a collaboré, l’authenticité du thérapeute contribue largement à la guérison.

Il était convaincu que le fait d’étiqueter les patients, de les catégoriser  en  maladies mentales reflétait l’incapacité des professionnels à établir le contact.

Son approche réclame  patience et persévérance. Il pouvait s’écouler 5 séances avant que le patient , terrorisé, ne prononce un mot tant il faut du temps pour que la confiance s’installe. J’ai compris profondément le pouvoir de l’empathie le jour où j’ai vu Marshall travailler avec un patient atteint d’addiction à l’alcool. Il lui démontrait avec une empathie que je n’avais jamais vue que c’était pour le moment la meilleur chose qu’il pouvait faire pour  se préserver de l’angoisse intolérable.  Effectivement « à chaque instant  nous faisons de notre mieux pour satisfaire nos besoins » . On retrouve là la théorie des mécanises adaptatifs du Pr Jeammet.

Nos principales émotions

En dehors des maladies mentales caractérisées comme telles, le Pr Jeammet résume les émotions aux 2 polarités : peur et confiance.

Effectivement là aussi nous sommes proches, car sous la colère que nous abordons largement avec la CNV se cache la peur. Et la dépression est le résultat d’une colère non exprimée (quand je ne m’exprime pas, ça s’imprime et je déprime – Thomas d’Ansembourg)

Lien entre déni de nos émotions et attitudes de domination

La grande difficulté pour faire face à nos émotions, les « gérer » est le fait qu’il est souvent mal venu de les montrer en milieu professionnel.  Une des causes en est la confusion entre vulnérabilité et  faiblesse. Ce déni de vulnérabilité est à la base du manque de fraternité, d’empathie, et de beaucoup d’attitudes de prise de pouvoir. En effet, une peur non reconnue, une insécurité,  entrainent des réactions de défense à type de fuite ou d’agressivité, de domination . Outre le fait que nous les regrettons souvent a posteriori  (même sans l’avouer publiquement) ces attitudes contribuent aux risques psychosociaux.

Faire face à nos émotions nécessite de les ressentir, plutôt que de les fuir, et cela s’apprend à travers l’accueil des sensations.

Notre responsabilité

Il est de la responsabilité  de chacun de nous d’identifier nos peurs pour s’en libérer, et retrouver le chemin de nos aspirations profondes, de comportements allant dans le sens de la créativité et du bien commun et non de la destructivité.

C’est en enjeu sociétal majeur : il s’agit d’être disponible pour agir plutôt que de réagir à partir de nos peurs et de notre besoin de reconnaissance ,  afin de prendre en compte les besoins de tout un chacun et de créer ce monde de fraternité auquel nous aspirons.

 

Relations conflictuelles au travail : comment les désamorcer ?

Les conflits au travail sont extrêmement consommateurs d’énergie, contre productifs et nuisibles pour la santé physique et psychique. Ils participent grandement aux risques psychosociaux.

Savoir comment dire pour oser dire, poser des limites,

se donner des feed back en équipe

construire un cadre de confiance pour faciliter l’expression de chacun

sont des compétences fondamentales pour l’émergence de l’intelligence collective et un management participatif .

 

Soirée découverte de la CNV du 2 février 2017 à 20h30 à Puteaux, 18 rue des pavillons

particulièrement à destinations des jeunes, 18-30 ans mais vous êtes tous bienvenus !

Moment de partage convivial avant à 19h30– (PAF 5 € pour le repas)

 

CONFLITS

Découvrir la Communication NonViolente dimanche 22 janvier 2017

Découvrir la Communication Non Violente (CNV) avec le Dr Pascale Molho

Conférence – Atelier organisée par l’Association Solidarité Homéopathies 

Dimanche 22 Janvier 2017 15h-18h
Mairie du 2ème
8 rue de la Banque 75002 Paris

Ex Chef de clinique en hématologie puis maladies vasculaires (Paris), elle a exercé 15 ans en milieu hospitalier dont 2 années de recherche en maladies cardio-vasculaires (Inserm, Hôpital Lariboisière).
Formatrice certifiée en Communication non violente, elle intervient auprès de publics divers dans le secteur social et celui de la santé. Elle est formée à des thérapies nouvelles (Logique émotionnelle, IFS, TIPI).

La CNV ouvre un chemin de vérité et de responsabilité pour des relations authentiques et fructueuses, au cœur même des conflits.

Elle met en lumière nos conditionnements éducatifs et culturels qui alimentent notre peur de l’autre, et elle offre un chemin pour nous en libérer.

La CNV connait un grand succès en entreprise tout autant que dans le secteur de l’éducation, la santé, le milieu pénitentiaire, associatif et la famille !

Lors de cet atelier, nous allons mettre en pratique quelques techniques qui pourront nous être très utiles dans notre quotidien.

TARIFS :

20€ : non adhérents à SH
10€ : adhérents à SH, étudiants et personnes en difficulté 30€ : adhésion annuelle à SH

SUR RESERVATION :

Si possible, pour des questions d’organisation, s’inscrire par mail ou téléphone et régler par chèque avant le 15 janvier 2017 ;

envoyer les chèques à Solidarité Homéopathie, C/O Mr Seringe, 17 rue Cernuschi 75017 Paris

Contact : Sophie Mougenot – Mail : shparis@orange.fr Tel : 06 07 48 13 71 Solidarité Homéopathie et Médecines alternatives – Antenne Paris

Association reconnue d’Assistance et de Bienfaisance

———————————————- Présidente : Dr Dominique Eraud

Contact : S. Mougenot : 06 07 48 13 71 – E-mail : shparis@orange.fr ———————————————-

site: www.solidarite-homeopathie.org CompteTwitter:@SolidariteHomeo

« La Communication NonViolente », c’est Malin aux Editions Leduc

J’ai la joie de vous annoncer la parution de notre petit livre pratique « La Communication NonViolente », que j’ai co écrit avec une collègue dans la collection « c’est malin » aux éditions Leduc à l’occasion des 25 ans de l’Association Communication NonViolente (et pour soutenir notre association) . Son originalité est de pouvoir y entrer par domaine d’intérêt couple, famille, voisinage, éducation, transports et voisinages, travail ….

Nous avons voulu à travers des exemples du quotidien montrer comment, dans nos cercles de proximité nous pouvons avoir une influence sur le monde.

La CNV contribue à une prise de conscience sociale qui se diffuse largement nous invite à sortir de notre indignation qui signe notre impuissance à agir. Nous vivons des tensions avec des polarités très fortes. Le processus par la profondeur voire la radicalité de son message est un outil transversal qui permet de vivre nos ambitions d’un monde plus tendre pour les humains, les animaux et l’environnement. La multiplicité et la complexité des liens, les réactions en chaine nous montrent la réalité de notre interdépendance et nécessite notre engagement. Là où nous sommes nous pouvons soulager les souffrances et diffuser un « art de vivre » plus respectueux de la vie et des aspirations de chacun

Simple et concret, 6 €, nous espérons que son prix contribuera à une diffusion large pour réveiller la joie de la rencontre de l’autre et l’évidence de la solidarité.

Rappelons ce que disait Marshall Rosenberg

 » Nous se serons pas en sécurité tant que les besoins d’une personne sur la planète ne seront pas satisfaits ».

Nous en sommes loin et l’engagement de chacun importe, à sa mesure.

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INTRODUCTION

L’homme est un être social. Chaque jour, nous interagissons avec une multitude de personnes : conjoint, enfants, voisins, collègues, amis, commerçants… Chacune de ces interactions peut être conflictuelle, source de stress ou d’incompréhension réciproque, voire de mal-être. Or, il existe une manière de communiquer qui est bienveillante, respectueuse de l’autre, et qui nous permet d’accroître la qualité de nos relations, notre compréhension de l’autre et notre bien-être : la Communication NonViolente (CNV).
Formatrices certifiées en CNV, nous avons écrit ce livre pour vous aider à appliquer les règles d’une communication consciente et empathique, non seulement au service de la qualité de vos relations interpersonnelles mais aussi au service d’un meil- leur vivre ensemble. Vous allez ainsi pouvoir faire du bien autour de vous, et vivre mieux au quotidien !

LA COMMUNICATION NONVIOLENTE, C’EST MALIN

Dans la première partie de l’ouvrage, nous allons vous expliquer ce qu’est la CNV mais aussi comment développer votre empathie, envers les autres et envers vous-même, car cette qualité est au cœur du processus de la CNV.
Dans la seconde partie, nous étudierons diverses situations de la vie quotidienne (en couple, avec ses enfants, en entreprise, etc.), avec de nombreux exemples et exercices pratiques, afin de vous aider à mettre en application la CNV et améliorer ainsi votre quotidien et votre épanouissement personnel.
Être épanoui est une des conditions pour accéder à son potentiel et par là même reconnaître et accepter celui d’autrui dans ses différences. N’est-ce pas l’un des ingrédients d’une paix durable ?
MODE D’EMPLOI
Ce livre est conçu pour que vous puissiez y entrer par le chapitre qui vous intéresse le plus. Des indications vous renverront aux bases pratiques de la CNV.

TEDx avec Pascale Molho

La CNV, un chemin pour vivre la fraternité

Un mois et 8 jours après le départ de Marshall Rosenberg, son fondateur

et 20 ans après ma première rencontre avec lui et la Communication NonViolente

je découvre chaque jour un peu plus l’exigence intérieure et la pertinence de la démarche.

La ou les religions divisent, ou justifient la violence, la CNV met l’accent d’abord sur nos ressemblances, ce qui nous réunit en tant qu’êtres humains. J’ai eu la chance de le cotoyer de près et de le traduire pendant plusisurs années. Quand on lui demandait ce que c’était que la CNV, il répondait « franchement je ne sais pas ! »- et j’ai longtemps cru qu’il plaisantait.

Aujourd’hui, j’éprouve les mêmes difficultés. C’est un chemin vers soi qui permet de rejoindre l’autre. C’est une promesse d’être pleinement humain et de voir l’humanité de chacun.

Réécoutant certains de ses enregistrements, une de ses définitions m’a interpellée – je vous la livre telle qu’elle.

Il utilisait indifféremment le terme but ou intention ou spiritualité du processus, de plus en plus clairement dans les dernières années.

« Lorsque que l’on fait appel au processus de Communication NonViolente, le but est de créer une certaine qualité de connexion à soi même et à autrui qui permet que des échanges basés sur la compassion se mettent en place naturellement »

C’est cet ordre des choses qui m’a à nouveau interpellée : c’est d’abord cette qualité de la relation à soi, cette descente dans les profondeurs de soi même, qui va permettre l’émergence naturelle de la compassion ou de l’empathie pour autrui. C’est une nécessité pour le travail en équipe, et pour la relation d’accompagnement qui couvre un champ très large. A ce titre cela fait partie des compétences professionnelles qui feront l’objet d’un prochain article.

Les termes de spiritualité ou de compassion peuvent gêner, en milieu professionnel notamment. mais je crois qu’il faut l’oser, dépasser les pudeurs. Partout où j’interviens, dans le domaine social et de la santé,  je perçois cette soif de fraternité, de chaleur, de bienveillance. ET cette soif spirituelle. On parle maintenant des besoins sexuels des personnes handicapées, mais le sujet des besoins spirituels est encore tabou !

Thomas d’Ansembourg, disciple de Marshall Rosenberg, auteur reconnu et collègue très apprécié, parle d’éducation à d’intériorité citoyenne.

C’est le « Plaidoyer pour la fraternité » , d’Abdennour Bidour (Albin Michel, 2015) , qui m’a donné envie d’écrire cette petite note (avant de me lancer – enfin!- dans un livre). Tout ce qu’il dénonce, les questions qu’il pose  et les pistes qu’il donne,  trouvent des réponses dans la la pratique de la CNV.

Quand  Abdennour Bidour écrit

« Il me semble que nous sommes au temps de la reconnexion entre vie spirituelle et vie sociale » et plus loin

« Ce sens de la fraternité universelle est le plus difficile dans une éducation humaine. Comment éveille- t- on dans un coeur, dans une âme, la soif d’aimer le plus lointain comme son prochain ? Comment éveiller à l’amour désintéressé de tot autre être humain simplement parce qu’il est humain ? »

Marshall Rosenberg  répond par la pratique de l’empathie, par la prise de conscience de nos préjugés et un processus pour les transformer : « Tout nos jugement sont une expression tragique de nos besoins ». Le simple fait de traduire les jugements que nous portons sur autrui en besoins insatisfaits, ouvre un champ énorme, nous remet en mouvement vers l’autre. De même la précision du travail sur l’observation « qu’est ce qui me fait penser cela de l’autre ?  à quoi je vois çà ? » ouvre un espace qui donne envie d’aller voir ce qui se passe chez l’autre et permet de changer de regard.

Marshall Rosenberg nous invite à dépister nos images d’ennemi, à vérifier si nous en avons encore avant d’aller vers autrui. Et à demander de l’empathie pour la colère, le ressentiment ou les peurs que nous éprouvons.
A ce titre, c’est une forme de spiritualité laïque.
Un peu plus de deux mois après les attentats de Charlie et de l’Hyper casher, un mois après ceux de Copenhague, et les innombrables attentats au quotidien en Syrie, en Irak, en Lybie et dans tant d’autres pays
l’heure est venue de donner plus de place sociale et de faciliter l’accès aux  démarches intérieures, de connaissance de soi et de guérison des blessures. Sans ce travail de guérison réconciliation  la soif de vengeance ne peut s’éteindre. Vouloir se venger est un cri qui témoigne d’un besoin de  reconnaissance profonde des souffrances subies (lire aussi l’article sur le pardon)
La fraternité s’éduque, passe à la fois par  la connaissance de soi, et le développement de l’empathie.
Je terminerai par la devis favorite de Marshall Rosenberg « Empathie avant éducation ».
Comprendre d’abord ce qu’il y a de plus humain en l’autre, les besoins qu’il tente de satisfaire par des stratégies que nous désapprouvons avant de vouloir qu’il en change.

 

Solidaires

Réseau CNV Charlie bis

Aujourd’hui plus que jamais, apprendre à exprimer un désaccord autrement qu’en tuant,  est une nécessité vitale pour nos sociétés, pour la démocratie, pour sortir de l’engrenage des stigmatisations et de la violence. C’est la base du travail de Marshall Rosenberg et de notre travail en Communication NonViolente.

Nous, formateurs en Communication NonViolente ré – affirmons notre engagement à diffuser le plus largement possible les valeurs et la pratique de la CNV – à donner à chacun les moyens de s’exprimer, d’être reconnu, de s’affirmer dans sa différence, et de voir celle de l’autre comme une richesse et non comme un danger.